
Quels sujets ont le plus été négociés en 2024 ? Qui signe les accords ? Et à quel rythme évolue le dialogue social dans les entreprises ? Le bilan annuel de la négociation collective apporte des enseignements concrets pour aider les élus de CSE à anticiper, argumenter et renforcer leur rôle dans les négociations à venir.
Publié en décembre 2025, le bilan de la négociation collective portant sur l'année 2024 dresse le portrait d'un dialogue social toujours actif dans les entreprises françaises, mais engagé dans une phase de stabilisation après plusieurs années exceptionnelles.
Pour les élus de CSE, ce panorama constitue un outil précieux pour situer leurs propres pratiques de négociation et anticiper les priorités à venir.
Un volume d'accords toujours élevé, malgré un léger repli
En 2024, le ministère du Travail a recensé 81 380 accords et avenants conclus au niveau des entreprises. Ce chiffre marque un léger recul par rapport à 2023, sans remettre en cause le niveau historiquement élevé de la négociation collective atteint depuis la crise sanitaire.
Ce ralentissement s'explique en partie par la fin des dispositifs exceptionnels liés aux années précédentes (pouvoir d'achat, mesures transitoires, renouvellement massif des accords). Il traduit davantage un retour à un rythme de croisière qu'un désengagement des partenaires sociaux.

La négociation d'entreprise reste le cœur du dialogue social
La très grande majorité des textes signés en 2024 l'ont été au niveau de l'entreprise, confirmant que c'est bien là que se construisent les réponses les plus concrètes aux enjeux sociaux et économiques.
Les délégués syndicaux demeurent les principaux signataires, mais une part significative des accords est également validée par référendum, notamment dans les entreprises dépourvues de représentation syndicale. Cette diversité de modalités montre que la négociation collective s'adapte à la réalité des structures, en particulier dans les PME et TPE.
Pour les élus de CSE, cette tendance souligne l'importance :
• de maîtriser les règles de négociation applicables à leur entreprise,
• de s'appuyer sur les données économiques et sociales,
• et de renforcer le dialogue avec la direction, y compris en dehors des temps formels.
Qui signe les accords en entreprise ?

Des thèmes de négociation révélateurs des préoccupations actuelles
En 2024, les sujets négociés traduisent clairement les attentes des salariés comme celles des employeurs.
Le partage de la valeur en tête
Les accords portant sur l'épargne salariale (intéressement, participation, plans d'épargne) arrivent largement en tête, représentant la moitié des accords conclus. Ce dynamisme reflète les attentes en matière de partage de la valeur et l'effet des mesures incitatives récentes.
Salaires, primes et temps de travail : des enjeux centraux
Les salaires et primes restent un thème majeur de négociation, tout comme l'organisation du temps de travail (aménagement des horaires, congés, télétravail).
Répartition des accords par grands thèmes

Ce que ce bilan dit du rôle des élus de CSE
Le bilan 2024 confirme que les élus de CSE ne sont plus de simples observateurs du dialogue social. Ils sont désormais :
• des acteurs de la négociation, directement ou indirectement,
• des relais des attentes des salariés,
• des vigies sur l'application et l'évaluation des accords existants.
Dans un contexte où les accords sont parfois nombreux mais complexes, le rôle du CSE est aussi d'en assurer la lisibilité : expliquer, rendre accessibles, et faire vivre les textes signés.
Vers quelles priorités pour les prochaines négociations ?
À la lecture de ce bilan, plusieurs tendances se dessinent pour les années à venir :
• une poursuite des négociations sur le pouvoir d'achat,
• une montée en puissance des sujets liés à la qualité de vie et aux conditions de travail,
• et une attention accrue portée à l'attractivité et à la fidélisation des salariés.
Pour les élus de CSE, ce contexte renforce la nécessité de se former, de s'appuyer sur des données fiables et de construire des stratégies de négociation adaptées aux réalités de leur entreprise.
En résumé
Malgré un léger recul du nombre d'accords, l'année 2024 confirme la solidité de la négociation collective en France. Pour les élus de CSE, ce bilan constitue à la fois un repère pour évaluer leurs pratiques et un outil d'analyse pour mieux anticiper les attentes des salariés et les orientations des directions.
Publié le 5 février 2026
Rédigé par Officiel CSE
Sources :
La négociation collective en 2024 | Edition 2025 | Bilan et rapports (PDF - 7.1 Mo)
La négociation collective en 2024 | Edition 2025 | Synthèse (PDF - 128.83 Ko)
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