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Enquête Syndex-Ifop : les représentants des salariés craignent un appauvrissement du dialogue social suite à la mise en place du CSE
Publication : 18 Janvier 2019

Selon un sondage Ifop pour le cabinet Syndex, les représentants des salariés craignent un appauvrissement du dialogue social suite à la mise en place du Conseil social et économique qui ne fait que débuter.

La révolution du dialogue social dans les entreprises promise par le gouvernement aura-t-elle bien lieu ? Selon le  second bilan d'étape réalisé en décembre par le comité d'évaluation des ordonnances Pénicaud, la démonstration reste à faire. Le principal changement de la réforme de 2017 tient au regroupement des comités d'entreprise, comités d'hygiène de sécurité et des conditions de travail et délégués du personnel dans une instance unique dénommée Conseil social et économique. « Une majorité d'entreprises aborde la mise en place du CSE sous un angle exclusivement comptable, dans une recherche d'affaiblissement de la représentation des salariés », regrettait le comité. Ce constat est partagé par une grande partie des représentants des salariés, selon le sondage réalisé par l'Ifop pour le cabinet coopératif Syndex, spécialisé dans le conseil aux instances représentatives du personnel.

Les salariés, premiers perdants

73 % des 1.147 personnes interrogées n'ont pas encore basculé en CSE, dont près de la moitié ont cependant déjà démarré des négociations. Leur plus grosse crainte est que leur direction « ne soit pas ouverte au dialogue ». A contrario, seulement 31 % notent un souci d'écoute. Les représentants dans les nouveaux CSE sont moins nombreux à se plaindre d'une insuffisante ouverture au dialogue de leur employeur lors des négociations, mais elle est tout de même pointée par la moitié d'entre eux, comme la durée trop courte des négociations.

Pour les élus, les premiers perdants de la fusion des instances du personnel seront les salariés, cités par 61 % des personnes interrogées. Pour 44 % des sondés, ce sont les organisations syndicales qui vont être lésées. Et un tiers des élus met en avant en priorité le fait que l'élu lui-même va y perdre personnellement. Les trois quarts des personnes interrogées jugent a contrario que la direction de leur entreprise sera la grande gagnante. En tout cas à court terme...

Effet boomerang

Des signaux alertent sur la possibilité d'un appauvrissement du dialogue social, avec le risque d'un effet boomerang pour les entreprises. Elle est liée à deux phénomènes. Le premier est l'éloignement du terrain. Le sondage montre en effet une réduction significative du nombre de comités d'établissement dans les entreprises multisites, la moyenne passant de 8 à 5,9 ; un phénomène qui s'ajoute à la disp4arition des représentants de proximité inscrite dans la loi.

Le second est la possibilité offerte par la réforme via la négociation de réduire la fréquence de la concertation sur les orientations stratégiques et la politique sociale de l'entreprise, sur un rythme non plus annuel mais pluriannuel. « Le risque est d'affaiblir les corps intermédiaires dans l'entreprise et de se retrouver à traiter en direct les problèmes avec les salariés, sans plus de capteur ni de filtre », pointe Olivier Laviolette, l'un des dirigeants de Syndex.

Ordonnances travail : les élus du personnel inquiets pour le dialogue social

Étude IFOP-Syndex

Le 17 janvier, Syndex a présenté les résultats d'une enquête menée avec l'IFOP auprès des élus du personnel sur la mise en place du CSE dans leur entreprise.

Pour voir l'ensemble des chiffres illustrés et en savoir plus sur le passage au CSE vu par les élu·e·s, n'hésitez pas : téléchargez la synthèse !

Télécharger la synthèse

Article publié le 18 janvier 2019
Source : Syndex et Les Echos

 

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