Syndicalisme : quelles évolutions dans l’engagement des salariés syndiqués ?

En mars 2017, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) a publié une étude sur les formes et implications de l’engagement syndical en France en 2013. Quelles sont les modalités et l’intensité de la participation des adhérents à la vie syndicale ? Voici quelques-unes des questions pour lesquelles cette étude apporte un éclairage.

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Article rédigé par
Les éditions Tissot

Quel est le profil des salariés syndiqués ?

Alors que 59 % des salariés et fonctionnaires signalent une présence syndicale dans leur entreprise ou administration, seuls 11 % d’entre eux adhérent à une organisation syndicale.

S’il n’est pas nécessaire d’avoir un syndicat dans son entreprise pour adhérer, plus de 90 % des salariés syndiqués travaillent dans une structure dans laquelle existent un ou plusieurs syndicats.

La moitié des salariés syndiqués déclarent n’avoir jamais (ou rarement) participé aux actions syndicales au cours des douze derniers mois et se considèrent comme de « simples adhérents ».

Les salariés syndiqués sont majoritairement des hommes de plus de 40 ans, diplômés, qualifiés et travaillant dans des établissements importants.

Les syndiqués ayant une activité syndicale sont à 49 % des hommes et à 46 % âgés de plus de 50 ans, contre 39 % des syndiqués. Un salarié sur quatre engagé est ouvrier, alors que les ouvriers représentent seulement 20 % des salariés syndiqués.

Les fonctionnaires sont davantage syndiqués mais moins engagés que les salariés du secteur privé. Cette différence trouve plusieurs justifications. Les syndicats sont davantage institutionnalisés dans la fonction publique. L’adhésion y apporte souvent des bénéfices spécifiques. En revanche, l’adhésion dans le secteur privée est perçue comme générant un risque de représailles pour 36 % des salariés.

L’adhésion représente donc plus souvent un réel engagement militant dans le secteur privé. Elle implique d’ailleurs une plus importante prise de responsabilités au sein des institutions représentatives du personnel. En effet, environ un tiers des salariés syndiqués dans le privé détiendrait un mandat représentatif.

Quelles sont les implications de l’adhésion syndicale ?

Les syndiqués participent davantage aux élections professionnelles, et ont de manière générale une propension à voter quatre fois supérieure à celle des non-syndiqués.

Les salariés et fonctionnaires syndiqués sont deux fois plus nombreux que les salariés non syndiqués à participer aux mobilisations collectives comme les grèves ou les débrayages.

Les syndiqués sont également deux fois plus nombreux que les non-syndiqués à avoir un engagement politique, associatif ou humanitaire en dehors de leur syndicat.

Quelle est évolution de l’engagement syndical depuis les années 1980 ?

L’étude de la DARES révèle que non seulement le taux de syndicalisation mais aussi l’intensité de l’engagement syndical ont baissé depuis les années 1980.

Ainsi, on compte en 2013 environ 600 000 syndiqués de moins qu’en 1983, et 5 millions de salariés en plus. Et entre 2004 et 2013, la part des syndiqués déclarant n’avoir aucune activité syndicale est passée de 29 % à 51 %. Au final, la diminution du nombre d’adhérents a renforcé la proportion d’adhérents militants.

L’adhésion syndicale se fait également de plus en plus tardivement. Les 30-39 ans étaient trois fois plus syndiqués en 1983 qu’en 2013. La part des plus de 50 ans a augmenté de 18 points chez les syndiqués, contre 7 points pour les non syndiqués.

Le recul de l’engagement syndical et le vieillissement de la population syndiquée correspond à un phénomène plus global touchant toutes les formes d’engagement citoyen, parmi lesquelles le syndicalisme reste la « première institution de défense des droits ou d’intérêts collectifs en France en termes d’affiliés ».

DARES Analyses, mars 2017, n° 15

Publication : août 2017

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